Un coup à l'estomac

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Si l’on regarde la tournure des événements depuis trois mois, la question se pose de savoir si la France a perdu son intelligence collective au profit d’une directivité bureaucratique sclérosante.

Comment en est on arrivé à se poser autant de questions sur lesquelles n’importe quel gamin avec un peu de bon sens aurait des réponses rapides ? 

Trouver une solution pour le futur de 66 millions de personnes face à une crise qui a fait 25 000 morts à ce jour ? Ou pour 7 milliards d’individus face à 300 000 morts mondiaux ? Passer 600 000 défunts annuels français sous silence, ou encore 150 000 morts du cancer ou encore 150 000 tentatives de suicide ? Oublier les millions de victimes de la crise économique qui s’annonce ? Oublier les 135 millions de personnes qui souffrent de la faim aujourd’hui’ encore dans le monde et qui seront sans doute le double ou le triple dans un an ?

10% de chute du PIB en France ou dans le monde, cela veut dire des millions de gens au chômage, 30 à 50% de moins d’activité dans les lieux habituels que sont les magasins, les restaurants, les cafés. Et cela implique des dizaines de milliers de morts en conséquence, ne serait ce qu’en France…

Ce n’est pas juste un chiffre comme 10 cents de moins sur une baguette à 1 €, c’est un tour de passe passe dans lequel les plus pauvres meurent et les plus riches sont juste un peu moins riches.

Comment peut on laisser des dirigeants confisquer l’intelligence humaine à ce point ? En ne basant des décisions que sur des horizons politiques et une communication axée sur le mensonge et la manipulation, au motif que le bien être et le futur de la collectivité est entre leurs mains parce qu’ils seraient les seuls sachants ?

La démocratie implique une grande responsabilité au service de tous, pas une responsabilité au profit d’une minorité et au détriment de la majorité. La protection d’une partie de la population ne peut pas se faire sans une prise de risque personnel.

Alors oui, la vérité dans l’action impliquerait une fin de jeu pour la plupart de nos dirigeants politiques aux prochaines élections. Mais le civisme, l’altruisme, l’intelligence et la responsabilité sont à ce prix.

Le temps des préoccupations électorales est terminé. Vous perdrez, sans aucun biais politique de ma part, et juste parce que la nature humaine est ainsi faite.

Comment ne pas voir dans le fait que Google et Apple soient contraints de décider à la place de nos gouvernements sur des libertés fondamentales le signe d’une incompétence généralisée.

Leur décision commune sur la confidentialité absolue que doit avoir n’importe quelle application de tracking indique fort heureusement que certains ont encore la capacité à anticiper un futur , quand la plupart de nos dirigeants ont encore le regard rivé sur des électeurs, des réseaux sociaux, des sondages. Ils communiquent par twitter ou facebook et se délectent de la mise en avant de quelques mots repris un bref instant par des médias qui ne savent plus quoi faire pour augmenter leur audience, en vue bien sûr de réaliser plus de profits avec la publicité liée.

Alors stop !
Reprenons le contrôle des événements. Non les français ne sont pas des veaux ! Non les français ne sont pas idiots. Oui le bon sens et l’intelligence émotionnelle sont au moins largement équivalent à toutes les âneries que peuvent sortir des experts, des scientifiques ou des intelligences artificielles basées sur des algorithmes faits par des ingénieurs qui ne les réalisent qu’à partir de leurs propres expériences.

Prenons l’exemple de la restauration.
Aujourd’hui la plupart de nos dirigeants réfléchissent sur des solutions qui devraient permettre aux cafés et aux restaurants de réouvrir.

Alors imaginons un instant qu’un gamin de 10 ans revienne de vacances en Allemagne ou en Asie avec ses parents. Que nous dirait il ?

Papa, pourquoi est ce qu’en France on ne peut pas manger entre 14h et 19h30 dans les restaurants ? ou alors à partir de 17h30 si on a faim comme en Allemagne ?

Tiens donc ! Pas idiot ça… Et si on changeait de logiciel ? Si on supprimait la « pause déjeuner » pour en faire un instant de restauration possible de 10h du matin à 22h le soir ?

Alors évidemment il faudrait « communiquer » sur le sujet, expliquer aux entreprises que la présence à des horaires fixes pour les employés n’est pas obligatoire, que le résultat prime sur la méthode, que l’intelligence collective prime sur l’individualité…. Télétravail vous avez dit ? … On aurait déjà commencé quelque chose ??

Allons plus loin. Ouvrir la restauration plus longtemps coûte beaucoup plus cher pour un restaurant. Alors évidemment, il faudrait supprimer, oui je dis bien supprimer, l’ensemble des charges sociales pendant au moins deux ans pour la restauration traditionnelle (ça veut dire hors fast food).
Ce n’est pas un prix, ni un coût, c’est juste une condition pour que des centaines de milliers de gens puissent avoir un travail, vivre, dépenser,  et relancer la consommation de millions d'autres.

Si faire 80 couverts en une heure et demi est aujourd’hui impossible, il faut se demander comment s’organiser pour faire 80 couverts dans l’après-midi ? et si ce n’est pas 80 au moins 50, ou 60, ou n’importe quoi qui fasse que notre culture culinaire ne disparaisse pas ?

Simple, il faut ouvrir plus longtemps, embaucher plus, inciter les gens à venir moins nombreux mais plus souvent et tout cela au même coût pour le restaurateur.

Alors pourquoi un tel cadeau de charges à la restauration ? et pas aux autres secteurs ?
Et bien juste parce qu’il s’agit d’une crise, et qu’une crise ça se gère avec des priorités, des choix et des séquences en vue de protéger le maximum de gens, pas le minimum.

Et la base c’est la restauration, la joie de vivre de la collectivité, la bouffe, le vin, la communication… puis viennent la santé et enfin, en dernier lieu la production et l’économie… Quand à la finance, ce sera pour plus tard…

Restauration, c’est un lieu où on mange donc ? Raté ! c’est en réalité un lieu social de convivialité et de partage d’émotions et d’expériences, sinon ça s’appelle fast food.

Ahhh la belle verticalité de nos dirigeants qui n’ont jamais dirigé la moindre petite entreprise. Différenciation sociale ? Tout faux, distance physique pour faire attention bien sûr ! Quel est l’énarque qui nous sort des trucs comme ça ??

Alors reprenons : un restaurant est un lieu de partage pour des individus. Donc augmentons le partage et le social et oublions un peu la sustentation. Ouvrons les restaurants plus longtemps, transformons les en espace de vie et non en point de passage, organisons l’économie autour de cela puisque la nourriture est une grande part de notre vie, expliquons aux entreprises et aux chefs d’entreprise ce qu’on attend d’eux au lieu d’imposer, et à ce moment là, ça devrait commencer à aller un peu mieux….

Tant qu’on y est, s’il y avait un truc à soutenir ce n’est pas forcément Air France à coup de 7 milliards mais plus sûrement La Fourchette où une plate forme équivalente française de réservation en ligne.

Pourquoi ? simplement pour que les français puissent réorganiser leurs réservations dans les restaurants entre 11h et 22h par exemple. C’est juste une question de flux, si ça bloque on ouvre, on agrandit, on réfléchit et on étale, on ne confine pas, on ne ferme pas un restaurant alors qu’on laisse le métro ouvert en diminuant les rames.

Tout ça ne prends pas 6 mois, à peine quelques semaines…
Quoique quand on voit qu’il a fallu trois mois pour que le gouvernement supprime les charges aux TPE alors que cette décision était la première à prendre, ça laisse songeur…. un peu comme le prêt aux entreprises… hum hum… un prêt aux entreprises pour payer l’incapacité d’un gouvernement à faire face…. ?? prêt vous avez dit ??? Ca se rembourse non ?

Allez, réfléchissons trois fois et à plus tard.

Lu 151 fois Dernière modification le mardi, 05 mai 2020 18:26